La liste de mes envies – Grégoire Delacourt

 

 

« Parce que nos besoins sont nos petits rêves quotidiens. Ce sont nos petites choses à faire, qui nous projettent à demain, à après-demain, dans le futur; ces petits riens qu’on achètera la semaine prochaine et qui nous permettent de penser que la semaine prochaine, on sera encore vivants »

 

 

Jocelyne est mercière à Arras. Elle vient de créer un blog pour échanger sur les travaux d’aiguilles et les fournitures qui vont avec ; mais surtout pour échanger.

 

Elle a ses habitudes, sa vie tranquille, la cinquantaine un peu en surcharge. Des enfants qui ont quitté le nid et un mari, Jocelyn (!). Ses amies, jumelles, tiennent le salon de coiffure à côté de la mercerie, qu’elles ont pu s’offrir grâce à un petit gain fait au loto.

 

L’identification est immédiate. Jocelyne, on la connait. Si elle n’est par mercière, elle est infirmière ou employée de supermarché. Elle a ses blessures, ordinaires : la mort de sa mère alors qu’elle a 17 ans. La maladie de son père qui ne se souvient que des 6 dernières minutes. Ses enfants qui ne sont pas tout à fait ce qu’elle aurait voulu. Elle nous agace parfois avec sa gentillesse et sa passivité, son côté midinette. Son mari n’est pas tout à fait celui dont elle rêvait. Sa vie de couple est un peu élimée par le quotidien.

 

Incitée par les coiffeuses, elle va acheter un ticket de loto. Et voilà : 18 millions en poche.

 

Elle ne dit rien à personne, par pudeur, même pas à son mari et va retirer son chèque à la Française des Jeux. Puis cacher son chèque sous la semelle d’une chaussure. En attendant, elle va dresser la liste de ses envies, ses besoins.

 

C’est là que l’on va apprendre à connaître Jocelyne. Sa liste comporte un couteau économe, une lampe pour la table de l’entrée… l’envie d’aider ses enfants, répondre aux envies de son mari : un écran plat, un Cayenne… des DVD. Mais 18 millions c’est beaucoup. Elle refera sa liste plusieurs fois sans encaisser son chèque.

 

Mais tout cet argent va se retourner contre elle. On sent le coup venir.

 

Toutefois, Jocelyne va trouver la force de rebondir suite à cette épreuve nourrie par la trahison, qui sera le début d’une nouvelle vie où elle pensera un peu plus à elle.

 

 

Le talent de Grégoire Delacourt réside surtout dans la description aussi juste d’un personnage féminin, dans son univers féminin, qu’il rend très attachant. L’écriture est drôle, simple, parfois légère, parfois amère.

 

A lire

 

 

 

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